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Première édition du Sahel Festival à Bruxelles

  • Première édition du Sahel Festival à Bruxelles
© sahel festival
Genre : Bilans d'événements culturels
Contact Charles Eloy - journaliste
Rubrique : Musique
Publié le : 18/09/2017
Source : texte original

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Pour la première édition du Sahel Festival à Bruxelles, organisé le 16 septembre 2017, par Toufouk Ténéré (Soleil du désert), les organisateurs ont une idée géniale, en programmant également les groupes Terakaft et Idirad Trio.
Idirad Trio, le groupe autour d'Idir Aït Dahmane (auteur-compositeur, chanteur, guitariste, à la mandole kabyle), basé à Bruxelles, reprend la scène après une interruption de deux ans. Nul n'est prophète dans son propre pays, le magazine digital "World Music Central", une des références majeures aux États-Unis a publié une chronique de son premier album "Zik"
Le groupe Idirad Trio se démarque des autres groupes repris sous l'étiquette "musique du monde".  Certes les musiciens ne renient pas leurs sources traditionnelles, mais ils recherchent également leurs inspirations dans la vie quotidienne et la modernité. Leur poésie et de musique festive sont chaleureusement accueillies par le public.
La chanson "Rose du désert" est une fusion de cultures berbère et  française. Le texte plein de poésie nous décrit la vie quotidienne dans les zones arides.  Chaque couplet reprend un thème (l'enfance, les parents, les conditions de vie dans les champs, l'exil). A la fin de la chanson, Les soli planants  du guitariste Olivier  transportent nos esprits dans des espaces aériens. Les autres textes sont en langue amazighe (berbère)
Les séjours du groupe à Tamanrasset, ville traversée pour une route transsaharienne, ont inspiré la chanson "Amidini". Nous écoutons les sonorités de musique touarègue mélancolique, mais chaleureuse qui parsèment la composition. Dès la première chanson, le public accompagne, entraîné par les pulsations rythmiques du percussionniste kabyle Mourad Mouheb (derbouka, bendir, cajun) qui n'hésite pas à enrichir les rythmes de sa région natale avec des polyrythmiques africains complexes.
 Le groupe Idirad a forgé sa propre identité avec un fil conducteur reprenant les influences de la musique traditionnelle berbère, le slam en français, les soli de guitares hypnotiques touaregs, l'énergie du rock, le feeling du blues et la transe du gnawa.
Ensuite le groupe Terakaft, également en formule de trio, monte sur scène
Terakaft signifie "caravane' ' en tamasheq (langue berbère des touaregs). Le groupe fondé par des membres du groupe Tinariwen est la pulsion du rock et blues touareg.
Leur dernier album, sorti en 2015 a été produit par Justin Adams, acolyte régulier de Robert Plant (ex-Zeppelin) et également l'un des producteurs les plus prolifiques dans la musique actuelle (Tinawiren, JuJu). Les magazines de référence "Songlines" et "fRoots" citent régulièrement le groupe Terakaft, considéré  comme l'un des meilleurs groupes subsahariens.
Le trio occupe la scène, mélangeant deux guitares, secondé par une percussion efficace, jouant des gammes occidentales qui sont différentes des gammes arabes ou orientales. Leur musique ressemble au rock touareg de Tinawiren, mais dans un style plus compact, sec, sans fioritures, ni compromis, construite sur des progressions d'accords répétitives de blues, enracinés dans les héritages séculaires. 
Imouhar: c'est le nom que se sont donnés depuis des millénaires les Touaregs. Cela signifie être libre. Leur territoire a été artificiellement découpé en parties intégrées dans l'Algérie, la Lybie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Le titre de la chanson nous rappelle les liens identitaires autour de leur langue et culture.
 La composition "Ténéré (Alone)", également titre de leur dernier album a des accents d'un rock blues plus langoureux, avec l'omniprésence des guitares, dégageant des ondes psycho-chamaniques.
 Terakaft termine le concert avec le morceau dynamique "Karambani". On se laisse volontiers bercer par leurs guitares électriques en arabesque et la percussion.
Durant les chansons "Azul,"Iyew"(Idirad Trio), "Tenere Malolat', "Tafouk Tele" de Terakaft, nous retrouvons Charles Elliot, un artiste nomade et polyvalent (chant, danse) de la scène underground européenne. Aujourd'hui il se joint à des spectateurs qui dansent sur les rythmes berbères tribales, hip-hop et tribal-fusion.

Les groupes Idirad Trio et Terakaft sont complémentaires et constituent ensemble un fil conducteur dans le cadre du Sahel Festival capturant instinctivement le public et communiquant l'âme et l'esprit amazighe (berbère).

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